Une newsletter quand on a un blog, c'est l'évidence. Sauf que moi les évidences, elles me passent souvent au-dessus de la tête. Depuis 10 ans que je blogue (d'abord sur Juriste in The City pendant 2 ans puis sur La fille de l'encre), tous les 6 mois revient en force l'idée d'une newsletter, de ce fil entre nous, entre deux articles de blogs. Les mois passent puis les années et j'ai uniquement bidouillé un message d'alerte que vous recevez lorsqu'un article est publié. Régulièrement mais pas très souvent, nous ne sommes plus à l'époque des trois articles par semaine !
Et puis Instagram a pris la place. Beaucoup de place. J'ai commencé à y déposer en légende, des réflexions, des souvenirs, des tristesses, des joies et le réseau social de photos a bien aimé les textes plus longs. Vous aussi, vous y répondiez souvent, cela faisait écho en vous. C'était chouette
Sauf que ce n'était pas si simple pour moi. Mes publications étaient traditionnellement postées le soir, je préférais. Mais entre le lave-vaisselle, le frigo et la casserole, je n'avais pas toujours les mots. Ni le temps pour les attraper au vol et les poser sur le clavier. Alors j'ai testé plusieurs trucs :
* préparer mes publications à l'avance et le soir venu, je faisais un copié/collé. La méthode a fonctionné un temps avec ses limites : mes textes étant trop longs, il fallait que je les recoupe sur l'application, que je retravaille les phrases et puis finalement ces mots d'avant ne correspondaient plus aux mots que j'aurais voulu utiliser le soir même ... j'ai arrêté.
* publier le matin. Je ne suis pas matinale.
* publier lorsque les mots et le temps étaient réunis même si cela voulait dire renoncer à une certaine régularité. Ce fut la bonne solution, je m'y suis tenue.
Et puis Instagram a décidé d'une nouvelle mise à jour. Rien à lui reprocher, Instagram fait bien ce qu'il veut chez lui. Si vous avez lu ma publication sur le sujet "Instagram, bientôt le début de la fin ?", l'application va reléguer au plus profond de ses caves les photos et les textes au profit des vidéos, Tik-Tok faisant une ombre dangereuse au réseau social. Si la mise à jour n'est pas encore généralisée, les discussions autour de ces changements ont fait carburer mon cerveau et activer ma raison. Avais-je vraiment envie de déposer mes textes - si insignifiants soient-ils - sur une plateforme dont je pouvais être virée d'une minute à l'autre, qui pouvait changer d'un jour à l'autre ou encore disparaitre d'une année à l'autre ?
La réponse est non bien entendu ! Et c'est là que l'idée d'une newsletter est revenue encore plus puissante qu'à l'époque bénie des blogs. C'est maintenant, c'était une évidence. Et celle-là, hors de question de la laisser passer.
Poussée par Charlotte Moreau à regarder de plus près cette nouvelle plateforme créée uniquement pour les auteurs, Kessel, j'ai été séduite et voilà le pourquoi du comment du fil de l'encre, ce lien qui nous permettra de partager.
Sur le blog, toujours les articles voyages et société. Pas de changement. Sur le fond. Sur la forme, j'espère arriver enfin à lui donner un petit coup de frais en cette année d'anniversaire (10 ans le bougre !).
Sur Instagram, toujours des photos, quelques reels, des légendes évidemment mais de celles qui peuvent disparaitre sans regret.
Et ici, une fois par mois (ou plus ?), le partage d'une réflexion, d'une pensée, d'un échange avec l'une d'entre vous ou d'une information lue ici ou là et le rappel des articles publiés sur La fille de l'encre.
Rien de révolutionnaire et pourtant, je me sens rebelle.
Au temps où tout se passe sur Instagram, j'aime à croire que nous pouvons créer de nouveaux espaces de rencontres dont nous avons les clefs.
